Malraux en Nomadie

La nomadie ce n’est pas un pays, c’est une philosophie.
Un mouvement vers le dehors.

Pendant les deux saisons de travaux à l’Espace Malraux, nous faisons le choix de ne pas reconstruire une structure provisoire pour la programmation mais de saisir la chance d’être mobiles. Oui c’est une chance, aller vers ailleurs, travailler avec d’autres.

Nous aurons un camp de base au théâtre Charles Dullin où l’accueil pour la billetterie sera ouvert quotidiennement et où se jouera une partie des spectacles. Un autre point fixe sur la carte des propositions artistiques sera à la salle Jean Renoir pour le cinéma. Mais régulièrement nous vous inviterons à nous suivre dans des endroits différents. Parfois dans
des murs, parfois à l’extérieur. Parfois en milieu urbain, parfois dans un cadre bucolique. Parfois pour des événements qui ne sont plus tout à fait du spectacle. Pendant deux saisons, il y aura plus que jamais pérégrinations, rencontres, coopérations et échanges. La nomadie, c’est une philosophie qui transforme.

Un théâtre sans ses murs, c’est encore un projet. Le projet de la scène nationale de Chambéry et de la Savoie, vous le percevez, est en évolution. Il est en quête du juste accord avec les mutations de l’époque. Il s’éloigne d’un modèle prescripteur, il doute de l’universalité des oeuvres. Il fait confiance à des artistes qui repoussent les limites des compétences qu’on leur attribue communément. Il élargit le champ de ce que l’on nomme culturel. Il est poreux aux énergies qui non seulement l’entourent mais le nourrissent. Il s’ancre organiquement sur son territoire. Car l’enjeu de la transformation, c’est bien de rendre encore plus efficient, à la lumière d’aujourd’hui, le beau concept de culture pour tous.

Donc la nomadie, le déplacement. Avec ce que cela suppose pour nous, l’équipe, d’adaptation, et pour vous, le public, de petits coussins et de vêtements chauds à prévoir pour les sorties, mais surtout, de découverte et de participation à des expériences que nous espérons agréables, inédites, enthousiasmantes.

À un endroit de la carte, il y a un théâtre, pour lequel les collectivités, la Ville de Chambéry, son Agglomération, la Région Auvergne‑Rhône‑Alpes, le département de la Savoie et l’État investissent, et ce faisant lui dessinent un horizon. Après des jours inquiets, cette nouvelle est réjouissante pour l’Espace Malraux. Nous entrons en nomadie apaisés, encore plus disponibles pour le mouvement. À nous de le rendre suffisamment puissant pour qu’une fois redevenus sédentaires, le souffle nomade ne nous quitte plus.

Marie-Pia Bureau, directrice de l’Espace Malraux

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